Téléphérique du Phare de Nividic (l’île d’Ouessant)

Département du Finistère (29)

Le phare de Nividic, implanté à la pointe ouest de l'île d'Ouessant, est l’un des phares les plus exposés de France. Sa construction a débuté en 1912, mais son achèvement fut retardé par la Première Guerre mondiale, pour finalement entrer en service en 1936. Isolé sur un îlot battu par les tempêtes, le phare n'était accessible ni par voie terrestre, ni maritime en toute saison. Pour pallier cette difficulté logistique, les ingénieurs mirent en place un téléphérique aérien unique en son genre.

Ce téléphérique reliait le continent rocheux de la pointe de Pern, à l'extrémité d'Ouessant, jusqu’au phare de Nividic, distant d’environ 600 mètres. Il était destiné à acheminer du matériel, des pièces détachées, voire du personnel, grâce à une cabine suspendue à un câble tendu au-dessus de la mer déchaînée. L'installation, novatrice à l’époque, fut conçue pour résister aux conditions extrêmes de l’Atlantique nord.

Cependant, les conditions météorologiques extrêmes rendaient l’usage du téléphérique très aléatoire. De plus, la mécanisation des phares et la télécommande à distance, grâce notamment au poste de contrôle du phare du Créac’h, rendit peu à peu ce système obsolète. L’installation fut progressivement abandonnée à partir des années 1950-60, sans jamais avoir fonctionné de manière optimale.

Aujourd’hui, les pylônes du téléphérique de Nividic subsistent encore, dressés comme des témoins d’un projet technique audacieux, mêlant innovation et nécessité dans un environnement extrême. Ils font partie intégrante du patrimoine maritime de l’île d’Ouessant, et rappellent l’ingéniosité déployée pour rendre les phares autonomes avant l’ère moderne.

La gare de départ du téléphérique

Cartographie réalisé a partir de : © IGN Géoportail

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