Jusqu’au XIXe siècle, le quartier de Saint-Aygulf, situé sur la commune de Fréjus (Var), était isolé du reste de la ville par le fleuve Argens. La seule solution pour traverser ce cours d’eau était un bac à traille (ou à treille), une embarcation guidée par un câble tendu d’une rive à l’autre. Ce bac appartenait à l’évêché de Fréjus, ce qui reflétait encore l’influence des autorités religieuses sur certains moyens de passage dans les campagnes provençales.
Le bac était utilisé quotidiennement par les habitants pour rejoindre Fréjus, transporter des marchandises, ou traverser avec des charrettes et des animaux. Toutefois, cette traversée était dépendante des conditions climatiques et du niveau du fleuve. En 1880, une crue importante de l’Argens emporta le bac, rendant la traversée impossible. Le site resta sans liaison stable durant plus d’un siècle, laissant Saint-Aygulf relativement enclavé malgré son développement progressif.
Il fallut attendre 1989 pour qu’un pont routier, appelé le pont d’Argens, soit enfin construit à cet emplacement stratégique. Ce pont remplaça définitivement l’ancien bac à traille et permit une circulation fiable et continue entre les deux rives. Cet aménagement répondait aux nouveaux besoins de mobilité liés à l’urbanisation croissante du littoral varois, notamment en période touristique.
En 2008, ce premier pont fut remplacé à son tour par un pont plus moderne, mieux adapté aux normes de sécurité et à l’augmentation du trafic routier. Ainsi, le bac à traille de Saint-Aygulf appartient désormais à l’histoire locale, en tant que témoin des moyens de franchissement d’autrefois, à une époque où les infrastructures dépendaient directement du relief, des fleuves et de la météo.
| Cartographie réalisé a partir de : © IGN Géoportail |
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