Département des Hauts-de-Seine 92
Le funiculaire de Bellevue, inauguré en 1893, reliait la gare de Bellevue-Funiculaire (aujourd’hui station Brimborion de la ligne T2) à la gare de Bellevue sur la ligne Paris–Versailles. Construit par les ingénieurs Guyenet, Madamet et Tinel, il s’agissait d’une ligne courte de 183 mètres, mais avec un fort dénivelé de plus de 52 mètres. L’ouvrage était spectaculaire : un viaduc métallique de douze travées franchissait notamment la ligne des Coteaux. Deux cabines de grande capacité, partiellement équilibrées entre elles, effectuaient le trajet en moins de deux minutes. La traction était assurée par des machines à vapeur fixes, avec un système de freinage de secours par crémaillère.
Le projet était avant tout destiné aux loisirs et à la promenade. Les promoteurs, Paul Houette et Gabriel Thomas, voulaient attirer les habitants de Paris et de la banlieue vers la forêt de Meudon et ses panoramas. Le succès initial fut considérable : 550 000 voyageurs en 20 mois, avec un trafic intense surtout les week-ends et jours de fête. Les bicyclettes étaient également acceptées. Le service était cadencé toutes les cinq minutes et les tarifs restaient très accessibles. Toutefois, dès les premières années, la rentabilité s’avéra fragile, notamment durant les périodes hivernales où la fréquentation chutait fortement.
La Première Guerre mondiale interrompit l’exploitation de 1917 à 1922. Après la reprise, le trafic ne retrouva pas son niveau d’avant-guerre et le déficit s’aggrava. Dès 1932, le service fut réduit aux seuls dimanches et la fréquentation s’effondra à 23 293 voyageurs en 1934. La fermeture définitive fut décidée en 1938, et l’infrastructure, bien qu’encore visible quelques années, fut démontée après la Seconde Guerre mondiale. Le funiculaire de Bellevue reste ainsi un exemple typique de transport urbain et de loisir de la Belle Époque, victime de sa faible viabilité économique face à l
| La gare du funiculaire, vers 1900 |
| Sa gare d'arrivé visible en haut de l'image |
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